PROJET DE DÉVELOPPEMENT DÉMOGRAPHIQUE DE SAINT-CAMILLE

Estrie
_3 mai 2009

PROJET DE DÉVELOPPEMENT DÉMOGRAPHIQUE DE SAINT-CAMILLE

Thème de la ruralité :
Développement durable
Région :
Estrie
MRC :
Les Sources
Municipalité :
Saint-Camille
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À Saint-Camille, la population n'est pas tout à fait assez nombreuse pour assurer, à long terme, la survie des services de proximité. Qu'à cela ne tienne, de nouvelles populations seront invitées à partager le quotidien de cette municipalité où l'agriculture, la forêt et la culture font bon ménage.

Description du projet

Défi : Favoriser l'augmentation de la population de Saint-Camille de 10% en 10 ans et accélérer par le fait même le développement économique du village.

Idées reçues : Après une longue période de déclin démographique, les villageois sont mobilisés mais ils n'arrivent pas à inverser la tendance,  il s'agit donc d'une situation sans issue.

Solution durable : Ouverture de nouveaux lotissements pour l'accueil de migrants et développement d'activités agricoles et forestières dans une perspective nourricière.

Résultats :

  • Les 25 terrains de Saint-Camille ont trouvé preneur;
  • 65% des nouveaux arrivants ont entre 25 et 35 ans;
  • Un apiculteur veut implanter son activité principale à Saint-Camille.

La petite histoire

Saint-Camille, c'est une municipalité qui se démarque autant par sa situation de plein emploi que par le fait que l'âge médian s'y situe à 37 ans et que 33% de la population des 35-44 ans possèdent une éducation supérieure à la moyenne provinciale.

Cette municipalité très dynamique commence tout juste à stabiliser un long déclin. En 1910, plus de 1100 habitants résidaient à Saint-Camille. En 70 ans, le village a perdu plus de 50% de sa population. Ce mouvement a entraîné la disparition de la meunerie, de l'abattoir, de la beurrerie, des magasins généraux et du garage. En 1988, quatre habitants s'unissent pour former le Groupe du Coin et rachètent le magasin général dans le but d'en faire un lieu de diffusion de la culture pour la communauté. L'Association le P'tit Bonheur sera fondée et prendra possession des lieux pour mettre sur pied une salle de spectacle et un espace communautaire. Divers projets s'enchaîneront dont la création de la Corporation de développement socio-économique de Saint-Camille, qui a pour mandat de travailler à la revitalisation du milieu.

Les forums municipaux organisés par cette corporation font ressortir que la survie de la communauté tient à l'accueil de nouveaux résidents et un plan d'action est élaboré en ce sens. Le schéma d'aménagement de la municipalité montre quelques possibilités dont celle du lotissement du rang 13 qui permettrait l'implantation de fermettes. L'aménagement d'un parc agro-villageois aux abords du village est également étudié.

Des consultations populaires mettent en lumière les différents aspects de la problématique; les individus, les groupes d'intérêts, les représentants des municipalités et des organismes de développement de la MRC ont voix au chapitre. Les jeunes, les commerçants, les membres du Club de l'Âge d'Or, toutes les personnes intéressées par le projet sont rencontrées. De semaine en semaine, le Bulletin Mon village fait connaître à la population les progrès de la démarche et les hauts faits du quotidien camillois. Un fort sentiment d'appartenance se crée autour du projet.

En 2004 et 2005, quelque 200 personnes viennent visiter Saint-Camille et les municipalités environnantes, attirées par la perspective de s'établir dans la région.

Le coeur du projet

La municipalité ne possède pas d'attraits paysagers distinctifs. Elle mise sur son potentiel et son identité propres pour se démarquer. Le projet se construit autour de l'engagement du village de constituer pour les nouveaux arrivants une réelle communauté nourricière et la valorisation de la culture de la terre. Des terrains sont disponibles et c'est un point de départ pour attirer des familles tout en favorisant le maintien des services de proximité.

Le parc agro-villageois
Le parc agro-villageois poursuit deux objectifs : attirer de nouvelles population et réconcilier les néoruraux avec la petite agriculture. À proximité du centre du village et de la coopératire La Clé des Champs, huit terrains sont offerts en location, terrains constitués d'une partie d'un boisé longeant une zone agricole. La construction des nouvelles habitations se fait de manière intégrée au paysage, les conditions étant de conserver 50% du couvert forestier.

Les fermettes
Dans une zone constructible de Saint-Camille, 25 terrains de 5 à 20 acres sont mis en vente avec comme contraintes l'obligation d'y construire une habitation dans les cinq ans et de démarrer un projet agro-forestier. La municipalité a ouvert ces terrains à l'auto-construction pour favoriser l'accès à la propriété aux jeunes familles, pour encourager l'innovation et les habitations respectueuses de l'environnement. La municipalité prend à sa charge la mise à niveau du chemin et l'électrification du secteur.

Tout au long du processus, les personnes intéressées par les terrains ont participé aux décisions de manière à ce que le projet cadre bien avec leurs attentes. Ils sont ainsi à même de connaître les valeurs de la société qu'ils aspirent à intégrer. Le projet d'école éloignée en réseau et la large bande qui l'accompagne a permis des téléconférences réunissant tout le monde. Le projet de fermettes se distingue des projets de lotissement traditionnels dans la mesure où les futurs propriétaires influencent leur milieu d'accueil avant même de s'y installer, et vice-versa.

Les leçons du projet

Selon les porteurs de projet, l'innovation c'est une prise de risques, risques partagés entre tous les partenaires. C'est aussi du temps à investir et de l'animation à maintenir si l'on souhaite la mobilisation de tous.

Valider le diagnostic de départ
Mobiliser la population en regard d'une solution implique que le diagnostic de départ est partagé de tous. Après une longue période de décroissance, le fatalisme peut s'installer à demeure et avec lui des possibilités importantes d'échec advenant le lancement d'un projet. Autrement, une volonté de changer les choses peut s'inscrire dans un courant de prise en charge très mobilisateur.

Reconnaître l'élément déclencheur
L'achat du Magasin général par le Groupe du Coin, en 1985, marque le début d'une mobilisation d'où vont émerger plusieurs projets novateurs. La motivation première en était une de préservation du patrimoine bâti. Elle est allée plus loin et le P'tit Bonheur est maintenant un exemple cité à l'échelle de la province. Dans un contexte de réussite comme celui-là, de nouveaux leaders font confiance à leurs capacités d'action et avancent, entraînant avec eux la communauté qui se met à rêver de plus et de mieux pour elle et pour ses petits.

Recruter de nouvelles populations mais pas n'importe quelles
Il n'est pas offert à tout le monde d'acquérir son lopin de terre dans la municipalité. Les conditions d'occupation permanente du territoire, de construction dans les délais et de relance d'une activité agro-forestière sont contraignantes. La dynamique camilloise veut que les futurs résidents désirent s'intégrer, prennent part à la vie de la communauté.

Favoriser la cohabitation entre l'agriculture et l'habitat
Il n'est pas rare que les nouvelles populations qui s'installent en milieu rural apportent avec elles leurs schemes de pensée. Elles recherchent la tranquillité et des conflits peuvent éclatés lorsque l'agriculture, considérée comme odorante et bruyante, se révèle à eux dans sa quotidienneté. Ici, les porteurs de projet ont fait le choix de ne pas sectoriser le territoire mais de construire des passerelles, de faire en sorte que les deux mondes se côtoient.

En résumé, ce projet longuement mûri s'est gagné l'appui de la population qui peut y participer à son gré. Le financement de cette aventure ne dépend pas de subventions mais bénéficie du soutien du Groupe du Coin que l'on retrouve ici. Des experts bénévoles apportent leur concours à la réussite du projet.

Fiche du projet
Statut du projet:
Année de démarrage:
2004
Organisme ayant procuré une aide technique ou financière:
Corporation de développement socio-économique de Saint-Camille
Source(s) de financement:
- Société canadienne d'hypothèque et de logement; - MAMR; - MRC Les Sources; - P'tit Bonheur; - Municipalité de Saint-Camille; - Commission scolaire des Sommets; - Acheteurs éventuels.
Nombre d'emplois créés:
Personne responsable:
Sylvain Laroche
Adresse:
Téléphone:
Courriel:
Liens Web: