Une obligation de résultats

1 Février 2004

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

Les aléas de la production du Québec rural me contraignent souvent à commencer mes éditoriaux par l'expression consacrée : « au moment d'écrire ces lignes ». Cette fois encore.

Donc, à la veille de la 13e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec, un sondage d'opinion fait pour le compte de Radio-Canada nous annonce que près de 70% des Québécois sont insatisfaits des politiques mises de l'avant par le gouvernement Charest. L'étude exhaustive des statistiques dudit sondage indique que déjà les ruraux, les régionaux ont lâché le gouvernement. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que cela ne m'étonne pas!

En effet, avec un électorat qui n'est pas acquis au Parti libéral mais qui avait résolu de lui faire confiance suite, notamment, à un patient travail de conviction opéré par une poignée d'élus et de militants ayant pour muse la députée de Bonaventure et l'arrivée au parti d'hommes et de femmes enracinés dans leur coin de pays comme Dominique Vien, rien n'était gagné d'avance. Puis, suite au vote décisif des ruraux en faveur des Libéraux, le premier ministre est allé de propos maladroits en gaffes, en mauvais projets de loi. Des exemples. Abolir le ministère des Régions et réduire le développement rural et régional au seul développement économique, alors que la réalité est tout autre. Parler de décentralisation pour justifier la réorganisation précipitée de l'État. Nommer, sans consultation, un ministre ayant une vision qui semble limitée à celle des chambres de commerce, à la barre du paquebot du développement régional. Voter la loi 34 en usant de la procédure du bâillon. Imposer un modèle de gestion urbaine aux CLSC ruraux avec la loi 25.

Dans cette foulée de mauvais pas, maintenant, je crains le silence de l'actuelle ministre de l'Agriculture qui dispose, depuis des mois, d'un rapport unanime d'un comité d'experts sur les appellations et les produits du terroir. Mais son ministère réétudie le rapport. Est-ce une façon de ne rien faire, de laisser les acheteurs, les artisans et les villages dans le cirage ou de donner le verdict final à une poignée de fonctionnaires qui défendent leur vision du développement des terroirs québécois ? J'espère que la ministre dissipera toutes mes craintes lors de son allocution à notre 13e Conférence nationale. Je vous le dis, elle a ici une obligation de résultat.

La fin d'une époque !

Je désire prendre quelques lignes afin de souligner le départ d'une collaboratrice de longue date, Marie Anne Rainville. Pour Solidarité rurale du Québec, ce départ signifie la fin d'une époque. Madame Rainville a été de tous les combats des quinze dernières années, de la préparation et de la tenue des États généraux du monde rural à la création de la coalition. Solidarité rurale perd donc une pionnière.

Madame Rainville occupait le poste de directrice des affaires publiques et d'adjointe à la présidence. De plus, elle a assuré l'intérim au poste de secrétaire générale à deux reprises, soit en 1997 ainsi que de mars à décembre 2003. Madame Rainville était également l'une des meilleures spécialistes du terroir québécois et sa dernière réalisation, à ce chapitre, est la 13e Conférence nationale ayant pour thème Terroirs atout tenue à Sainte-Adèle du 3 au 5 février 2004. Madame Rainville continuera à collaborer avec Solidarité rurale du Québec car elle assurera l'animation de l'émission de radio Entends-tu mon village.

Marie Anne, en mon nom personnel, au nom de toute l'équipe de Solidarité rurale du Québec et de tous les membres de la coalition, je désire te remercier chaleureusement et te souhaite la meilleure des chances pour les nouveaux défis qui t'attendent !


Québec rural volume 13 no 1 - février 2004