Ruralité municipale

1 Octobre 2009

Par Claire Bolduc
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

Le 1er novembre prochain, vous irez voter pour les personnes qui dirigeront les destinées de votre ville, de votre village, de votre MRC peut-être, pour les quatre prochaines années. Le tout, je vous le souhaite, se déroulera dans l'effervescence que l'on sent de façon particulière cette année, née d'un sain débat démocratique dû à l'arrivée de nouveaux visages.

Ces candidats se seront affairés à vous démontrer qu'ils sont les meilleurs leaders, les meilleurs gestionnaires, les meilleurs promoteurs. Vous aurez écouté, vous aurez soupesé, vous aurez choisi. Et le 1er novembre, vous accomplirez enfin votre devoir de citoyen en allant signifier votre choix. Félicitations.

Mais le 2 novembre, une fois le maire et le conseil élus, que se passera-t-il ?

Les élus municipaux se sont vus confier, au fil des ans, des responsabilités de plus en plus diversifiées. Voirie, développement social, économique, communautaire, aqueduc, sécurité civile, environnement. la liste est longue. Trop longue pour un seul homme, pour une seule femme, ou même pour six personnes de bonne volonté.

Élire des représentants ne nous dédouane donc pas, en tant qu'électeurs, de notre rôle de citoyen. Nous ne sommes pas citoyens un jour tous les quatre ans. Nous le demeurons tant que nous appartenons à une communauté. Cette appartenance même appelle l'implication constante de tous.

C'est dans l'humilité de savoir reconnaître les bonnes idées de ses concitoyens, de réunir leurs aspirations dans une vision claire du développement de leur collectivité, de mobiliser les forces vives du milieu que s'exprime un leadership fort en 2009. Nos élus ne peuvent plus gouverner seuls.

« Il n'y a pas de territoires sans avenir, il n'y a que des territoires sans projets » disait Raymond Lacombe, fondateur de notre organisation soeur en France, Sol et Civilisation. Ces projets, s'ils ne peuvent se passer de l'appui des élus municipaux, ne sont sous la coupe d'aucun monopole que ce soit. Ils peuvent surgir de partout, de la Maison de jeunes locale à l'entrepreneur déjà bien établi, du comité de l'âge d'or au citoyen que vous êtes. L'important, c'est que le conseil municipal sache les reconnaître et les porter avec l'ensemble des citoyens.

Les élections municipales ne sont pas une fin. C'est une chance de commencement. Et dans la bataille électorale, souhaitons que les élus se rappellent bien que leur principal adversaire ne sera jamais celui qui se présente au même poste que lui, mais plutôt l'indifférence, qu'elle soit née du cynisme latent ou de la confiance aveugle des citoyens envers leurs élus.

Québec rural volume 18 no 5 - Octobre 2009