Plus que jamais, Solidarité rurale du Québec porte bien son nom

1 Janvier 2006

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

Je tiens à commencer cette année 2006 en m'adressant directement aux membres de notre Coalition pour les remercier chaleureusement d'avoir répondu en grand nombre à notre appel à la solidarité. Des associations nationales, régionales et locales, des groupes de développement, des élus, des particuliers ont été présents et ont posé les gestes d'appui qui comptaient au moment où cela importait. Vous le savez, dans un précédent éditorial intitulé À petit feu, je mentionnais que si, comme nous, vous trouviez inconcevable que le gouvernement cesse de financer son instance-conseil en matière de ruralité, il serait souhaitable que vous le fassiez savoir à votre député. Eh bien, laissez-moi vous dire que votre réponse a été à la hauteur des besoins, elle ne nous a pas surpris, car nous savions à quel point les communautés et les organismes qui travaillent avec et pour elles sont mobilisés, mais votre appui nous a fait chaud au coeur et a chauffé les décideurs gouvernementaux là où il le fallait.

Le dossier du renouvellement de l'entente de financement de Solidarité rurale du Québec à titre d'instance-conseil a donc considérablement avancé et, n'eut été de vos pressions, nous n'en serions vraisemblablement pas là. Merci et sachez que nous continuerons à porter vos priorités, vos attentes et votre réalité partout où cela est nécessaire. Je vous invite aussi à la vigilance, car cette récente expérience nous a confirmé que rien n'est jamais définitivement acquis quand on doit négocier avec les gouvernements. Même si, en tant qu'organisme consultatif, nous avons largement rempli notre mandat, la reconnaissance et l'appui ne viennent pas de soi de la part de nos gouvernants. Au contraire, les organismes représentatifs comme SRQ qui recommandent des changements sont au moins suspects, au pire ils sont classés, dans l'esprit de certains politiciens, au chapitre des nuisances au lieu d'être perçus comme les agents positifs d'évolution de la société qu'ils sont. Gardons l'oeil ouvert et ne perdons jamais notre capacité de nous indigner devant l'ineptie et la bêtise où qu'elles soient.

Sur le front fédéral
Je suis frappé que le Canada, l'un des plus grands pays ruraux du monde, vive sa deuxième campagne électorale en moins de deux ans sans que l'on entende parler de ruralité de la part des politiciens qui aspirent à nous représenter, voire à nous gouverner. Et quand ils en parlent, c'est pour mieux la confondre avec l'agriculture, ce qui non seulement ne fait pas avancer les dossiers chers aux ruraux, mais alimente la fausse perception que les urbains en ont trop souvent. Avez-vous entendu un politicien, s'exprimant via les médias nationaux, parler de reconversion des petites communautés, de migrations villes-campagnes, de décentralisation des pouvoirs, d'appellations contrôlées et de protection des terroirs? Moi, je n'en ai pas entendu et je suis pourtant un fidèle consommateur de nouvelles!

Cela peut avoir l'air anodin, mais il ne faut pas se leurrer, si la ruralité n'est pas un enjeu durant la campagne électorale, il faudra travailler encore plus dur pour en faire un enjeu après. Car, comme dans la chanson de Félix, après les élections, ils auront oublié notre nom.

Du pain sur la planche
L'année 2006 en sera une d'anniversaire pour Solidarité rurale du Québec. Quinze ans de réflexion et d'actions rurales seront célébrés, les États généraux du monde rural de 1991 seront rappelés! Nous prendrons du temps pour en souligner l'importance à l'occasion de la Conférence nationale, lors d'une soirée hommage sous la présidence d'honneur du premier ministre du Québec, M. Jean Charest. Nous prendrons aussi le temps de faire un véritable bilan et de lancer un nouveau plan stratégique pour la Coalition, plan qui nous menera au renouvellement de la Politique nationale de la ruralité en 2007. Car, bien des choses ont changé dans le monde et dans l'univers rural depuis la création de SRQ et il faudra en tenir compte.

Plusieurs dossiers continueront aussi d'occuper notre équipe. D'abord, les nouvelles versions en devenir de la Foire des villages et du projet de loi gouvernemental sur les appellations réservées seront à l'agenda. À cela s'ajoute la diffusion des premiers résultats de la recherche menée depuis plus d'un an sur les migrations villes-campagnes et qui avait fait l'objet d'un atelier fort apprécié lors de la dernière Foire en 2005. Il y aura également publication et lancement, lors de la Conférence nationale, de l'ouvrage collectif sur la décentralisation, une version plurielle de divers points de vue de chercheurs et d'observateurs sur cette incontournable question qui se termine par un plaidoyer de la Coalition en faveur d'une décentralisation démocratique du Québec. Bref, comme à l'accoutumée, nous travaillerons sur beaucoup de thèmes majeurs pour le monde rural, avec le souci d'instrumenter et d'accompagner les communautés dans leur cheminement, tout en avisant les décideurs gouvernementaux et autres sur les conditions d'avancement de la ruralité.

Inscrivez-vous vite!
Vous avez certainement reçu le programme de la prochaine Conférence nationale de SRQ des 8, 9 et 10 mars prochain à Sherbrooke. Sinon, allez au plus vite sur notre site au www.solidarite-rurale.qc.ca. Nous sommes fiers de la programmation qui vous est offerte, car nous avons su attirer des conférenciers de grand prestige, des gens de coeur, de pensée et d'action qui ont beaucoup à dire sur la ruralité et qui ne craignent pas la controverse. Je suis assuré qu'ils sauront piquer votre curiosité, vous apprendre des choses, vous permettre de partager vos commentaires, d'échanger sur vos expériences et de débattre. Ce sera à n'en pas douter un temps fort qu'il ne faut pas manquer. Je vous invite à vous inscrire au plus vite, si vous voulez être assuré de participer à l'atelier de votre choix.


Québec rural volume 15 no 1 - janvier 2006