Les ruraux et le piège à cons: indignez-vous!
Nous ne sommes qu’à l’orée de l’année, mais il flotte déjà dans l’air le parfum d’élections qui se feront sur fond de coupures et de Plan Nord, d’idées caquistes et de démissions péquistes. Avec tout ce chaos ambiant, c’est à se demander, à l’instar d’autres1, si ces élections ne seront pas un piège à cons, comme le clamaient les Français, en Mai ‘68.
Qu’on me comprenne bien, je n’ai rien contre les partis politiques. Mais j’en ai contre la décision à courte vue, la promesse vague et le discours creux. J’en ai en fait contre le système qui programme tout cela. Aux médias qui regardent au télescope ce qui devrait être scruté à la loupe et au microscope ce qu’un télescope saurait mieux nous révéler. À nos gouvernants qui tombent inévitablement dans le piège de la partisanerie, de la réélection à tout prix… les partis sont pleins de gens de bonnes intentions qui doivent se soumettre aux règles du jeu. Le drame, c’est que ce jeu n’est qu’un jeu justement, et que la démocratie, la vraie, est autre chose. Pour boucler la boucle du système, je dois dire que j’en ai aussi contre mes concitoyens, qui ont renoncé, qui se saoulent aux divertissements incessants pour oublier leur impuissance individuelle… en oubliant du même coup leur toute-puissance collective. Se parler, c’est compliqué. Imaginez se comprendre et s’entendre…
Notre monde tourne à l’envers. Gouvernement et Parti se confondent et du même coup, on oublie le citoyen. L’État se donne le droit de s’ingérer dans les affaires des organisations qu’il a créées sous prétexte que ce sont «ses» créatures. Les groupes de femmes dérangent? Qu’on leur coupe la tête!2 Exit la gestion de l’État en bon père de famille. Tout bon parent sait pourtant qu’il y a beaucoup à apprendre de ses enfants, lorsqu’on sait écouter.
Dans cette époque où le sens de l’État se perd, où le citoyen s’égare, je me prends de plus en plus à souhaiter le retour du citoyen en colère, engagé pour l’avenir de sa communauté. Le « contestataire arabe » a été nommé personnalité de l’année par le magazine Times. J’ai ce rêve fou que ce serait précisément ces citoyens qui n’ont pas baissé les bras qui sauront remettre l’économie à leur service, plutôt que le contraire, et la communauté au cœur du projet de société.
Car nos communautés, villages ou quartier, sont des microcosmes de société qui ont de quoi inspirer l’État qui doit les regarder comme les milieux complexes et riches qu’ils sont. Solidarité, confiance, valorisation de la personne, sagesse… ce sont là les valeurs sur lesquelles reposent tous les St-Camille, les St-Joachim, les Val-d'Espoir du Québec. Pour une fois, j’aimerais que nos gouvernants s’en inspirent pour préparer l’avenir plutôt que de chercher à étendre le même modèle économique dépassé à toutes les sphères de notre vie. Il s’agit de multiplier le modèle humain, en somme. Car ce n’est pas l’économie qui élit les gouvernements. C’est nous.
Que le citoyen engagé se lève enfin !
Bonne année 2012 à chacun et chacune d’entre vous.
1 www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201112/18/01-4479108-reinventer-la-democratie-si-les-contribuables-savaient.php
2 www.ledevoir.com/politique/canada/288371/ottawa-prive-d-aide-12-groupes-de-femmes



