L'instruction, une obligation d'État

1 Mars 2003

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

Plus que tout autre chose, la fermeture d'écoles de villages a déclenché la mobilisation et la réflexion qui, aujourd'hui, fondent l'action citoyenne dans les communautés rurales.

L'école est certes un symbole communautaire fort, très fort en plus d'atteindre les parents, généralement les membres jeunes et dynamiques de nos communautés, droit au cour. Alors, rien d'étonnant à ce que la Déclaration en faveur du monde rural adoptée en 2001 par le gouvernement du Québec affirme que « L'État québécois entend accorder aux populations rurales des services publics de qualité ». Fort de cette affirmation, les ministres de l'Éducation et des Régions nommaient cet automne un groupe de travail sur le maintien de l'école de village. En janvier 2003, il faisait une série de recommandations à l'État comme aux commissions scolaires afin d'assurer aux ruraux des services équitables en matière de formation élémentaire. Les ministres n'ont pas eu le temps d'appliquer aucune des recommandations, de donner de l'oxygène à aucune communauté que la maladie gagne la formation collégiale.

En effet, selon la Fédération des cégeps, le financement inadéquat des collèges en milieu rural et régional menace la desserte de formation technique et générale. Il y a fort à parier qu'il faudra plusieurs batailles, quelques corps morts, deux ou trois promesses électorales, quelques comités et rapports avant que l'État fasse ce qu'il doit : instruire les populations qu'elles soient rurales ou urbaines. C'est simple, l'instruction pour qu'elle soit universelle doit être une obligation de l'État. Les seules forces du marché tout comme les parents ne peuvent y arriver sans un concours déterminant de Québec.

Paradoxalement, on voit pousser en milieu rural et régional des institutions de tout type donnant des formations variées. La multiplication des lieux de formation concurrence indûment des établissements pourtant reconnus. S'assurer de l'existence d'un vaste réseau de formation complet et correctement financé me semble plus judicieux que d'égrainer des subventions ad hoc à droite et à gauche.


Québec rural volume 12, no 2 - mars 2003