Il n'en tient qu'à nous

1 Juin 2010

Claire Bolduc, présidente de SRQ,
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

Ça va mal! On le constate au quotidien, que l'on parle des modèles de développement, des modes de prise de décisions, de gouvernance, de l'implication des citoyens dans leur vie communautaire ou dans leur démocratie, la déroute est d'importance. Pire encore, au rythme où vont les choses, nous sommes la génération qui risque de léguer un patrimoine moindre à ses enfants que celui qu'elle a reçu. Nous devons réagir et j'irais même jusqu'à dire que c'est d'une révolution dont nous avons besoin! Oui, une révolution pour nos communautés, pour nos enfants, une révolution parce que nous devons redéfinir les fondements de notre ancrage au territoire et de notre capacité à les habiter.

Voilà pourquoi nous parlons aujourd'hui de l'occupation de nos territoires. Concrètement, cela consiste en les habiter, les développer, les desservir et se les approprier pour créer des milieux de vie dynamiques où les citoyens évoluent dans la dignité. Occuper nos territoires, ça ne veut pas dire s'accaparer encore davantage notre géographie pour la dilapider sans scrupule à petits prix, certainement pas! Il s'agit de faire autrement là où l'on habite, là où l'on vit. C'est redéfinir un modèle de développement qui permette aux hommes et aux femmes qui habitent ces communautés de les façonner à la mesure de leurs aspirations.

Se réinventer implique de se doter d'une vision pour pouvoir se prémunir contre des éléments difficiles à contrôler. Il suffit d'imaginer une hausse rapide du prix du pétrole pour réaliser combien nos secteurs et notre organisation territoriale sont vulnérables. C'est à l'enseigne de la mobilisation de tous que nous bâtirons une société prospère, qui nous donnera certainement les meilleurs remparts contre les aléas de toutes natures susceptibles de nous atteindre, qu'ils soient économiques, financiers ou même environnementaux. L'enjeu de l'occupation des territoires s'inscrit dans cette lecture du monde actuel.

C'est donc ensemble, le 22 avril dernier, que nous avons convenu de l'urgence de se doter d'un projet de société qui place les territoires au coeur des préoccupations. Et ce projet se concrétisera seulement si les communautés y sont impliquées; les communautés des villages et des quartiers urbains, les communautés immigrantes, anglophones et autochtones.

Il n'en tient qu'à nous de définir la forme que devra prendre cette mobilisation, pour qu'elle puisse être efficace, dynamique, créative et durable dans le temps. Il n'en tient qu'à nous d'adopter l'attitude qui nous mènera au succès. On pourra piaffer et ruer dans les brancards, nous réussirons à transformer les choses quand nous aurons la conviction qu'ensemble il est possible de le faire. Il n'en tient qu'à nous de faire preuve de solidarité, avoir le nerf de s'élever au-dessus des débats sectoriels et s'investir dans plus grand : la communauté, le vivre ensemble dans tout le Québec. Nous devrons nous faire confiance. Nous devrons également être optimistes, voilà le meilleur outil de travail qui soit pour mener à bien, jour après jour, une entreprise à son succès.

Je conclue en saluant le travail et l'engagement des 22 organisations qui font équipe avec nous dans ce grand projet. Cela démontre que l'enjeu de l'occupation des territoires est très largement partagé et qu'il nous appartient à tous de réaliser ce grand projet de société. À Solidarité rurale, nous nous sommes engagés à continuer de supporter la mobilisation que nous avons entamé et à tout faire pour qu'elle se poursuive et s'amplifie.

Québec rural volume 19 no 3 - Juin 2010