Il n’y a pas de rêves impossibles!

1 Janvier 2009

Par Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec
presidente@solidarite-rurale.qc.ca

« Nous avons besoin d'hommes et de femmes qui savent rêver à des choses inédites. »

Ce besoin d'imagination et de rêves, réclamé pour la première fois par John F. Kennedy en 1963, est aujourd'hui pour nous plus pertinent que jamais. À une époque où des pans entiers de nos politiques, de nos façons de faire et de nos acquis ont atteint des limites critiques, nous devons nous réinventer et rêver à de nouveaux idéaux.

C'est que ces rêves préparent et dessinent les sociétés nouvelles. Nous aspirons tous à un monde meilleur, mais la construction de cet idéal implique des changements. Or, la résistance à toute forme de transformation est plus naturelle que son contraire. Pourtant, plus que jamais, ces changements sont nécessaires alors, si nous nous laissions aller à rêver pour quelques instants?

Rêvons ensemble de services de proximité conçus par et pour les utilisateurs, où qu'ils soient, afin que le choix de vivre en milieu rural ne soit pas le choix d'une qualité de vie à rabais, ne soit pas le choix d'un milieu de vie où on aura amputé les services essentiels tels que l'éducation, la santé, les transports, les télécommunications ou encore, les approvisionnements de base. Rêvons à des leaders et des décideurs imaginatifs et dynamiques qui savent que la culture et les loisirs font également partie des services contribuant à la qualité de vie d'un milieu.

Rêvons d'une foresterie nouvelle qui place au cour de sa gouvernance la communauté qui en vit et qui la sert. Imaginons que les retombées économiques et sociales de l'exploitation responsable de la forêt servent d'abord aux communautés qui en vivent, plutôt que de profiter aux actionnaires anonymes de grandes corporations. Rêvons que cette richesse collective soit considérée si importante que l'on y investisse les sommes requises pour la restaurer, pour réparer les torts que des années d'exploitation abusive peuvent avoir causés et la rendre accessible à ceux qui sont prêts à la chérir. Après tout, on investit bien dans l'asphalte et le patrimoine architectural, alors pourquoi ne pas investir dans nos infrastructures naturelles, durables celles-là?

Et puis tant qu'à rêver, on pourrait espérer que les grandes réflexions que nous avons réclamées au cours des dernières années puissent inspirer des changements profonds et durables. Que la gouvernance des territoires se rapproche des gens qui y vivent, que les terroirs soient riches et florissants, source de fierté et générateurs d'importantes retombées économiques, que l'Internet haute-vitesse soit accessible à tous les milieux et que les propositions constructives du rapport Pronovost s'incarnent dans les territoires.

À force de repenser nos façons de faire et de concevoir notre environnement, on pourrait bien rêver que nos territoires soient reconnus dans leur diversité et leurs différences. Que l'on fasse en sorte qu'ils soient, chacun à leur façon, vivants et dynamiques, habités par des communautés innovantes et supportés par des politiques qui reconnaissent leur caractère unique et qui leurs donnent les leviers de développement forts.

Si inaccessibles qu'ils puissent nous apparaître, osons nos rêves, retroussons nos manches et réalisons-les!
Québec rural volume 17 no 7 - Hiver 2009