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28 Octobre 2011

20 ans. 20 ans à rappeler aux gouvernants que Tant vaut le village, tant vaut le pays. 20 ans à rappeler l’importance de nos campagnes pour le Québec. 20 ans de petites victoires méritées. 20 ans… et voilà qu’on doit en revenir à la première bataille de toutes… le bureau de poste du village.

Cette bataille, elle avait été gagnée en haut lieu. Les ruraux avaient alors reçu l’assurance que la Société canadienne des postes ne fermerait plus de bureaux de poste ruraux. Un moratoire avait été décrété.

Or, en dix ans, neuf bureaux de poste ont été fermés. Et dans certains cas, je cite, « parce qu’ils étaient situés dans des communautés "non-viables"» (sic). Cette année, la Société canadienne des postes impose de nouvelles coupures; non pas de fermetures, mais bien des réductions d’heures de travail des maîtres de poste. Bien sûr, ces coupures nuiront inévitablement à la qualité des services et déjà, plusieurs bureaux de poste ont réduit leurs heures d’ouverture.

Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat me direz-vous. Et c’est bien là le fond du problème.

Les premières batailles de Solidarité rurale ont pu être prises de face, parce qu’on disait et qu’on faisait les choses franchement. Aujourd’hui, la loi du petit pas sournois domine. On coupe un peu ici, un peu là. Et au bout du compte, à force de petites coupures, notre bureau de poste ou notre service, peu importe duquel il s’agit, devient si fragile ou si peu intéressant pour la relève que personne ne crie lorsqu’on le ferme définitivement. Personne ne crie à Manche-d’Épée présentement où un bureau de poste va fermer. Parce qu’il reste tout de même un service offert à l’épicerie du village de Rivière-Madeleine, à quelques kilomètres, un service qui se rend au vu et au su de tous, qui se fait entre le retour de bouteilles, la vente de cigarettes et les emplettes de la semaine.

L’hypocrisie est en train de nous avoir. Mais avons-nous oublié nos principes pour nous taire de la sorte?

Nous, ruraux, sommes des citoyens à part entière, des citoyens qui méritent des services au même titre que tous les citoyens. Et si notre réalité peut appeler à ce que ces services nous soient livrés d’une façon différente, cela ne veut en aucun cas dire que nous devons accepter qu’ils soient livrés avec une qualité moindre. Nos villages sont des milieux de vie qui ne cadrent pas dans les colonnes de chiffres. Nous faisons preuve depuis longtemps d’une imagination débordante pour assurer nos services et développer nos milieux d’une façon qui ne ressemble à aucune autre. Mais tous ces efforts doivent être en contrepartie appuyés sur la conviction partagée que notre réalité, notre mode de vie, a droit au respect. Que nous ne faisons pas partie du problème, mais bien de la solution.

Voilà pourquoi nous devons nous mobiliser aujourd’hui contre les coupures qu’on veut faire subir aux bureaux de poste ruraux. Écrivez au ministre, à votre député fédéral, ameutez les médias… peu importe le moyen que vous privilégierez. L’important, c’est que nos gouvernants comprennent que nous ne sommes pas dupes. Et que nous nous tiendrons debout, quoi qu’il arrive. Cela vaut pour les services de la poste aujourd’hui, cela doit aussi valoir pour tous ces services essentiels à notre qualité de vie.

Nous sommes présentement en tournée du Québec. Voilà une belle occasion de venir échanger avec nous sur tout cela, et une autre façon de reprendre son rôle de citoyen à part entière. SOLIDARITÉ. Redonnons à ce mot magnifique toute sa force et sa noblesse.

Claire Bolduc,
presidente@solidarite-rurale.qc.ca