Drôle de temps

1 Juin 2003

Par Jacques Proulx
jproulx@solidarite-rurale.qc.ca

Les cent premiers jours du gouvernement libéral s'achèvent sans qu'il ait eu le temps de nous confirmer notre rôle d'instance-conseil en matière de développement rural. C'est regrettable. Je sais bien que nous n'étions pas dans les priorités prioritaires de l'État. Cependant, les énoncés budgétaires sont si inquiétants (voir texte de Charles de Blois Martin) qu'une simple lettre d'intention aurait rassuré tant les membres de notre personnel que les membres du comité exécutif.

L'observateur assidu de la scène publique sent bien que l'action gouvernementale est actuellement celle du Conseil des ministres. Or, ceux et celles qui y siègent manquent vraisemblablement de sensibilité. À preuve, le tollé devant le projet de loi sur les défusions, les critiques unanimes des groupes liés au développement rural et régional face au budget, la déception des commissions scolaires.

À cet égard, il est permis de se questionner sur l'application du rapport Proulx/Caron concernant les écoles de village. On se rappellera que les commissions scolaires avaient des réserves sur leur capacité à donner suite à ce rapport si elles devaient accuser des coupures budgétaires.

En somme, l'élection du nouveau gouvernement s'est toujours chargée d'espoirs comme une belle journée de printemps. Or, depuis le dépôt du budget, le ciel est nuageux. Et les nuages sont aussi gris et lourds que les propos malheureux de la ministre au sujet du fameux « bar ouvert en faveur des régions ».

Finalement, je crains que l'été soit maussade puisque aucun Comité des partenaires de la ruralité n'est encore convoqué, les clauses modulatoires et territoriales contenues dans la Politique nationale de la ruralité sont toujours des mirages et le projet de décentralisation du gouvernement sera sous la responsabilité conjointe du ministère des Affaires municipales et du Développement économique et régional. Or, le ministère des Affaires municipales n'a jamais prêché par l'exemple fut-il sous la gouverne des péquistes ou des libéraux.

Et malgré que je ne sois pas météorologue, l'automne risque d'être chaud et orageux car les fusions, les défusions, la décentralisation et les impasses budgétaires auront tôt fait de mettre le feu en ville comme en campagne. J'espère que les députés libéraux seront prêts à cela aussi!

Québec rural volume 12 no 4 - juin 2003