Aux urnes, Citoyens!

1 Novembre 2008

Par Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec
presidente@solidarite-rurale.qc.ca 

On se souviendra longtemps de cet automne 2008. En moins de trois mois, nous aurons assisté à trois élections majeures. La première, canadienne, nous a troqué quatre trente sous pour un dollar. L'autre, américaine, nous aura insufflé de grands espoirs. Quant à la dernière, celle en cours au Québec, elle semble produire le même effet qu'un mauvais rhume. Une saison électorale en dents de scie, mais qui, je l'espère, se conclura sur une forte participation des ruraux, parce que demeurer immobile en démocratie et particulièrement dans une telle situation de crise, c'est céder les rênes de son avenir à quelqu'un d'autre et ça, ça ne peut être qu'inacceptable.

C'est vrai que le taux de participation lamentablement bas des élections fédérales ne laisse présager rien de bon. Record de faiblesse par rapport aux élections précédentes : 59,1 % des Canadiens et des Canadiennes sont allés voter le 14 octobre dernier; ce n'est même pas la note de passage! C'est tout de même triste à voir puisque pendant ce temps, des décisions s'engagent sans prendre en compte la voix de millions d'électeurs. Devant ce constat d'échec, il est à souhaiter que le Québec se remue un peu et particulièrement le monde rural, pour qui les enjeux sont d'une gravité désarmante.

La campagne électorale québécoise, lancée sur fond de crise financière mondiale, a comme thème premier celui de l'économie. Or, il faut se rappeler que le Québec rural est plongé depuis dix ans dans une crise économique qui étouffe ses grands secteurs d'activités, soit l'agriculture et la forêt, sans parler du manufacturier. Dix ans que le monde rural tente de se sortir de cette galère interminable à travers toutes sortes de chantiers de réflexion qui n'aboutissent pas. En forêt par exemple, on s'embourbe dans des prétendus consensus qui ne font que diviser les acteurs du monde forestier. On n'arrive pas à penser autrement notre foresterie et pendant ce temps, les usines ferment leurs portes, les emplois nous coulent entre les mains, le secteur agonise. En agriculture, c'est à peu près la même chose. La prospérité et le développement générés par le secteur agricole ne se distribuent plus sur les territoires et la mise en ouvre d'une véritable politique agricole et agroalimentaire en mesure de renverser la vapeur tarde à s'implanter.

Ces tergiversations infinies ont non seulement des effets graves sur les ruraux, mais perturbent le rendement économique du Québec en entier. Ce prochain mandat devra donc être celui des décisions, du courage et de l'action. Mais cela n'arrivera que si quelqu'un le réclame, et ce quelqu'un n'est personne d'autre que nous-même.

Alors, faisons en sorte que nos représentants saisissent l'ampleur des défis qui sont devant nous. Interpellons nos candidats, questionnons-les sur leurs positions, sur les enjeux qui nous préoccupent. Quelle est leur vision du futur de notre milieu, du monde rural? Quelles positions défendront-ils pendant les quatre prochaines années? Que proposent-ils pour répondre aux crises qui paralysent nos communautés? Participons à cette campagne, choisissons la direction que le Québec doit prendre!

Et votons! Car voter c'est aussi s'exprimer. Alors, je nous souhaite d'avoir la possibilité de faire un choix senti le 8 décembre prochain, de manière à ce que notre réalité, nos besoins et nos aspirations aient leurs échos dans le prochain parlement. Ne laissons donc pas à d'autres le loisir de décider de notre avenir, allons voter! Allez, aux urnes, Citoyens!


Québec rural volume 17 no 6 - Novembre 2008