Allocution d'ouverture du Colloque Une Foresterie de gens et de forêts

5 Avril 2016

Une foresterie de gens et de forêts

Allocution de Claire Bolduc, présidente, prononcé à l'occasion de l'ouverture du Colloque de l'Association forestière des Deux Rives - mars 2016

 

C’est un grand plaisir et un honneur pour moi de participer au Colloque de l’Association forestière des deux rives à titre de présidente d’honneur, d’autant plus que la thématique retenue, une Foresterie de gens et de forêts, m’interpelle grandement.

 

Chez Solidarité rurale, nous avons milité et affirmé haut et fort le droit des ruraux à la différence et leur droit à la prospérité à même ces différences. Ainsi, parler d’une foresterie de gens et de forêts, c’est donc précisément de traiter des différentes façons de vivre de la forêt et de la valoriser, c’est traiter ensemble de prospérité partagée pour et par les populations rurales forestières.

 

Les ruraux qui vivent de la foresterie s’inquiètent de l’état de leur forêt locale, et surtout, du peu de possibilités et des retombées restreintes que laissent dans leur communauté certaines industries forestières.

 

Les communautés rurales associées aux activités forestières, elles sont plus de 250 au Québec, connaissent bien certaines thématiques : des mots comme Consolidation des activités, Rationalisation et Concentration des activités résonnent comme autant d’arbres qui tombent dans les milieux qui voient fermer leur usine et partir le bois vers d’autres lieux. C’est un fait, depuis plusieurs années, les milieux ruraux composent avec les fermetures d’usines et la dégradation des conditions de travail des gens de la forêt.

 

Et ce qui frappe, c’est le fossé qui sépare les collectivités rurales forestières de la forêt qui les entoure. Si ces communautés fournissent de la main d’œuvre à l’industrie forestière, elles n’ont  que peu, voire pas du tout, d’influence sur les orientations de développement, de mise en valeur et sur la gestion de leur forêt locale.

 

Voilà pourquoi il est important de parler d’une foresterie de gens et de forêts, une foresterie pour et par les communautés forestières.

 

Les discussions d’aujourd’hui seront inspirantes. Nous traiterons, entre autres sujets :

 

  • D’objectifs de développement forestier partagés plutôt qu’imposés;
  • De diversification des activités forestières et de retombées locales nourries de savoir-faire locaux;
  • De préoccupations sur la pérennité de la ressource, ancrées dans le milieu et dans le cœur des gens qui en vivent;
  • Et de façon très actuelle, de la contribution des activités forestières à l’important enjeu climatique.

 

 

Les communautés rurales forestières souhaitent habiter avec dignité le territoire qui est leur, elles souhaitent le développement économique, social et durable de leur milieu de vie, elles travaillent activement à assurer une dynamique de vie inspirante, stimulante et attrayante pour leur monde. Mais pour ce faire, elles doivent pouvoir participer aux orientations retenues pour l’avenir de leur forêt, contribuer à son utilisation et miser sur des retombées partagées. En somme, s’approprier, en tout ou en partie, leur territoire forestier.

 

Je vous souhaite un excellent colloque!

 

Claire Bolduc, Présidente, Solidarité rurale du Québec