Vers une nouvelle Politique nationale de la ruralité, Solidarité rurale du Québec demande 200 M $ et une loi sur la ruralité

18 Septembre 2006

Nicolet, le 18 septembre 2006- Adopter une loi sur la ruralité québécoise qui aurait pour objet de reconnaître l'apport culturel, social et économique de la ruralité, tout en respectant son identité et ses spécificités est la première recommandation faite par Solidarité rurale du Québec dans l'avis concernant la nouvelle Politique nationale de la ruralité qui a été remis au gouvernement du Québec. 

La deuxième recommandation suggère quant à elle que la nouvelle PNR vienne consolider la première politique et qu'elle soit dotée des moyens suffisants pour assurer le développement durable. Pour atteindre ces objectifs, SRQ avance qu'il est nécessaire de consentir un nouvel apport financier de 200 M $. De plus, selon SRQ, la nouvelle PNR devra être mise en application au 1er avril 2007 et ce pour une durée de cinq ans.

Jacques Proulx, le président de Solidarité rurale du Québec, est formel. « Pour relever les nouveaux défis du monde rural, un préalable s'impose, celui de reconnaître, dans notre société fortement urbanisée, le droit des citoyens qui ont choisi de vivre en milieu rural dans de petites et moyennes communautés, et de soutenir équitablement l'exercice de cette liberté de choix. Reconnaître officiellement cette différence du monde rural et sa contribution à la collectivité québécoise sur les plans social, culturel et économique enverrait un message d'avenir aux collectivités rurales et aux jeunes générations afin de soutenir leur engagement à contribuer à l'édification d'une ruralité du XXIe siècle ».

En plus de consentir à ajouter de l'argent neuf pour la mise en ouvre de la nouvelle politique, SRQ recommande également de consolider tous les instruments de la PNR, notamment, le Pacte rural, l'adaptation des programmes, l'animation et le réseautage du développement rural à l'échelle nationale.

Selon SRQ, pour favoriser une occupation durable des territoires ruraux, il faut s'attaquer à un ensemble d'enjeux qui comptent six principales orientations et 18 recommandations qui tournent autour de la modulation des programmes, de la décentralisation et de la nouvelle gouvernance, de la démographie, de la cohabitation et de la reconversion économique. Ainsi, selon SRQ la nouvelle politique devra notamment :

  • adopter les principes de l'accès équitable aux services de base en milieu rural;
  • mettre en place les conditions nécessaires pour démocratiser et renouveler la gouvernance locale;
  • adapter les programmes, mesures et services aux particularités rurales;
  • soutenir la très petite entreprise ainsi que l'entrepreneuriat individuel et collectif en milieu rural, et y favoriser la relève économique, notamment en allégeant et en assouplissant les règles administratives;
  • soutenir l'avènement d'une économie à valeur ajoutée qui valorise les ressources des milieux ruraux (produits de terroir).

Cet avis est l'aboutissement d'un imposant travail de consultation commencé en mars 2006 par SRQ, après que le premier ministre du Québec, Jean Charest, eu annoncé la réalisation d'une nouvelle PNR. Dès lors, de concert avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l'association des Centres locaux de développement du Québec (ACLDQ), une vaste consultation a été organisée. Les élus et les agents ruraux ont été consultés, alors que dans le cadre de la tournée provinciale « À vous la parole! », 24 rencontres ont eu lieu dans 15 régions du Québec. Au total, plus de 1000 participants de différents milieux (scolaire, communautaire, socio-sanitaire, élus locaux, développement économique, entreprises, etc.) ont été rejoints. De plus, de nombreux mémoires et documents ont été déposés.

« Ce processus, nous a permis de mesurer tout le rayonnement de la première PNR. Les ruraux sont venus à notre rencontre pour vanter les mérites de cette politique et réclamer sa bonification. Et, ce ne sont certainement pas les moyens, somme toute modestes, qui ont suscité une telle appropriation. C'est surtout l'approche inédite de cette politique qui confie aux communautés la prise en charge de leur développement et qui mise sur leur génie individuel et collectif. Les retombées ont été nombreuses et remarquables, mais au-delà des chiffres, c'est une nouvelle dynamique qui a été insufflée dans les territoires et sur laquelle il faudra miser pour bâtir l'avenir », soutient Jacques Proulx.

«La première PNR a été une réussite incontestable, mais la réalité a évolué. Aussi, la nouvelle politique doit aller plus loin afin de répondre aux nouveaux défis de la démographie, de la mondialisation, de la reconversion et de l'occupation durable des territoires. C'est pourquoi une nouvelle Politique nationale de la ruralité ne peut se contenter de reconduire la première et la réponse du gouvernement doit être à la hauteur des attentes du monde rural et de l'engagement des ruraux » conclut Jacques Proulx.

C'est à titre d'instance-conseil en matière de développement rural, que Solidarité rurale du Québec a produit cet avis. Créée en 1991, SRQ a pour mission de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés. La coalition est formée d'organismes nationaux et de membres corporatifs et individuels.

Pour plus d'information sur cet avis ou sur les actions de SRQ, communiquez avec nous au 819-293-6825 ou consultez www.solidarite-rurale.qc.ca où vous pourrez obtenir le document et le résumé.



Source : Diane Richard
Solidarité rurale du Québec
819-293-6825 / Cell. : 450-530-0532