Plan du gouvernement du Québec pour le secteur forestier : Un plan d’urgence qui ne remet pas en question un modèle dépassé

20 Octobre 2006

Nicolet, le 20 octobre 2006 - Solidarité rurale du Québec (SRQ) accueille favorablement le plan d'urgence annoncé aujourd'hui par le gouvernement du Québec. Pour le président de Solidarité rurale du Québec, Jacques Proulx, «il s'agit là d'un effort louable en période de crise, mais il faut être réaliste et les 45 millions $ accordés sur quatre ans aux 200 municipalités touchées par la crise sont largement insuffisants si on parle de les sortir de la mono-industrialisation. Aussi, faut-il penser en termes de reconversion».

Selon SRQ, en 20 ans, on assiste ici à une quatrième crise dans l'industrie du bois d'ouvre, il est donc plus que temps de revoir un modèle qui démontre bien ses limites. Il faudrait plutôt profiter de la présente crise pour voir et faire les choses autrement, changer le paradigme.

Comme l'explique Jacques Proulx, «pour que ces efforts portent fruits, il faut investir massivement dans la reconversion en plaçant les communautés rurales au cour de l'action. Il faut réduire la dépendance des communautés en privilégiant la gestion durable de la ressource forestière dans son ensemble, la 2e et 3e transformation et la mise en valeur des produits non ligneux.»

Pour Jacques Proulx, «le regroupement et la concentration des entreprises éloignent les centres de décisions alors qu'il faut miser sur la participation des communautés pour permettre leur propre développement. Ce sont elles qui sont au cour de la réalité du monde rural, qui sont en mesure de trouver des solutions et de réagir rapidement. À long terme, seule une nouvelle gouvernance leur permettra de s'approprier leur développement et assurera la prospérité, l'indépendance et l'autonomie des communautés.»

Les entreprises toujours plus grosses, plus modernes et plus productives, ne sont pas forcément synonymes d'efficacité. Comme on peut le constater actuellement, en temps de crise, les plus petites entreprises, coopératives ou indépendantes, réussissent à mieux s'en sortir. Notamment parce qu'elles sont plus à même de prendre les décisions au moment opportun, leur pouvoir de décision étant plus «collé» à la réalité. Accorder encore de l'argent aux entreprises envoie le signal que même si elles ont mal géré leurs affaires, le gouvernement continue de les soutenir et de les encourager.

Créée en 1991 pour assurer le suivi des États généraux du monde rural, Solidarité rurale du Québec a pour mission de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des campagnes québécoises. Composée d'une vingtaine d'organismes nationaux, de quelque 80 membres corporatifs et de plusieurs membres individuels, la Coalition agit, depuis juin 1997, à titre d'instance-conseil du gouvernement du Québec en matière de ruralité.



Source : Diane Richard
Solidarité rurale du Québec
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