Livre vert : trop peu pour que les communautés puissent prendre en charge leur propre développement

2 Avril 2008

Nicolet, le 2 avril 2008 - Pour Solidarité rurale du Québec, le Livre vert sur la forêt, déposé par le ministre Claude Béchard, propose trop peu pour que les communautés puissent prendre en charge leur propre développement en s'appuyant sur le levier que représente la forêt. C'est le principal constat qui se dégage de son mémoire livré au
Ministre en marge des consultations menées sur le sujet.

« La refonte du régime forestier est nécessaire. Nous l'avons dit, il faut mettre fin au modèle vétuste, dominé par les CAAF. Il faut passer à un régime qui soit diversifié, qui donne la place aux communautés, à l'innovation et aux créneaux d'avenir. Force est de constater que les orientations proposées par le Livre vert ne permettront pas le
changement espéré par les communautés qui vivent de la forêt. » indique madame Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec.

Plus de place pour les communautés
Bien que Solidarité rurale applaudisse à la volonté exprimée de séparer la gestion de l'usine de celle de la forêt, l'organisme émet du même souffle de sérieuses réserves sur les propositions du Livre vert. Pour la Coalition, la régionalisation proposée dans le Livre vert s'apparente davantage à un délestage de responsabilités qu'à une réelle délégation de pouvoir, et ne touche que l'aménagement forestier. « Les communautés et les MRC, doivent avoir leur mot à dire sur l'allocation de la ressource, pour avoir une réelle prise sur leur développement. » analyse madame Bolduc.

Pour une réelle décentralisation
Par ailleurs, la mise aux enchères d'une partie de la ressource inquiète la Coalition, qui ne voit pas, pour l'instant, les conditions réunies pour que cette façon de faire améliore les choses. Au contraire, la position dominante des compagnies dans plusieurs régions et la configuration actuelle du secteur font en sorte que ce choix risque de renforcer la loi du plus fort et d'accélérer la course à la consolidation. « Les milieux ruraux ne se contenteront pas d'être de simples territoires de cueillette. Il faut passer à une autre logique, qui fera du territoire rural un lieu de création de richesse et de valeur ajoutée. On ne se fiera pas aux lois du marché pour y arriver. L'État doit orienter ses politiques en fonction de cet objectif. Cela passe nécessairement par une nouvelle gouvernance de la forêt, et par une ouverture à une diversification des tenures qu'on ne retrouve pas, à l'heure actuelle, dans le Livre vert », conclut madame Bolduc.

À propos de la coalition
Créée en 1991 pour assurer le suivi des États généraux du monde rural, Solidarité rurale du Québec a pour mission de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des campagnes québécoises. Composée d'une vingtaine d'organismes nationaux, de quelque 100 membres corporatifs et de plusieurs membres individuels, la Coalition agit, depuis juin 1997, à titre d'instance conseil du gouvernement
du Québec en matière de ruralité.



Source : Cynthia Rivard   
             Directrice des communications
             et des affaires publiques   
             Solidarité rurale du Québec   
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