Agriculture

Les politiques agricoles adoptées depuis une cinquantaine d’années ont entraîné la modernisation de l’agriculture et l’accroissement de sa productivité. Cependant, depuis une vingtaine d’années, le modèle agricole s’essouffle et la crise qui touche le secteur participe à la déstructuration de l’ensemble du milieu rural. L’évolution récente du secteur montre une fragilisation croissante de la situation financière des fermes (endettement, baisse des revenus), et ce, malgré une concentration économique et spatiale des moyens de production et des revenus. Le nombre de fermes diminue sans Un champ dans la MRC de Marie Chapdeleinecesse, mais leur taille augmente. Avec une population agricole qui s’amenuise et vieillit, l’agriculture est confrontée aux enjeux de l’occupation des territoires, de la relève et du transfert des fermes, aux défis de l’environnement et du développement durable, en plus de la mondialisation des marchés.

C’est dans ce contexte que le gouvernement du Québec annonçait la mise en place, en 2006, d’une Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. À l’issue d’une vaste consultation, la Commission a déposé un rapport qui formule des propositions pour favoriser une agriculture durable et en santé. À l’instar de la Commission, SRQ croît qu’un autre modèle agricole est possible, un modèle misant sur une agriculture plurielle et diversifiée, accessible, fortement ancrée dans les territoires, et valorisant les liens de proximité. Au-delà de la seule fonction de production, l’agriculture est interpellée par toute la société pour mettre en valeur d’autres rôles qu’elle peut jouer, ceux-là de nature publique: la protection de la biodiversité, l’entretien des paysages, la viabilité et le dynamisme du tissu social, la transmission de l’héritage culturel, la participation au tourisme vert, la conservation des terroirs, pour n’en nommer que quelques-uns.

Quelques faits
  • En 2006, l'activité agricole occupait 5,7% de la population rurale québécoise. On dénombrait la même année 30 675 fermes;
  • 77% des agriculteurs comptent sur une autre source de revenus pour faire vivre leur famille;
  • On comptait 7 jeunes pour 20 fermes en 1991, on en comptait 3 en 2002.
Une concentration économique et spatiale qui se renforce
  • 20% des fermes ayant des revenus supérieurs à 250 000$ génèrent 70% des revenus totaux;
  • 54% des fermes, 55% des emplois agricoles, 60% du PIB agricole et 64% des revenus agricoles sont concentrés dans les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches;
  • 65% du PIB de la transformation alimentaire se retrouve à Montréal et en Montérégie;
  • 75% des parts de marché de la distribution concentrée dans trois entreprises.
Des programmes qui accentuent la concentration
  • 61% des compensations de l'ASRA entre 2001 et 2004 ont été versées dans les trois principaux bassins de production;
  • Les fermes générant le plus de revenus (recettes supérieures à 250 000$) sont celles qui bénéficient le plus des paiements gouvernementaux.
Une contribution à l'occupation du territoire qui s'érode
  • 33% du territoire habité du Québec est zoné agricole;
  • Mais seulement 53% du territoire zoné agricole est occupé par une ferme;
  • L'intensification agricole sur certains territoires renforce dans d'autres la déstructuration, l'exode, la perte de services et de patrimoine bâti, le manque de relève, etc.
     

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